« L’occasion fait le larron » expression bien connue et si vraie dans ce cas particulier qui m’amena à réaliser une première gravure héraldique.

C’est en discutant avec un ami que l’aventure commença.

Soucieux de faire un cadeau de valeur à une de ses filles, il décida d’offrir une chevalière en or et de faire graver le blason de sa noble famille sur la plage de cette bague.

Il savait que j’avais gravé il y a bien longtemps des médailles pour la monnaie de Paris et que j’avais en projet de revenir à cette forme d’expression. Mais en réalité c’est son épouse qui lui suggéra de me proposer de réaliser cette gravure.

L’idée lancée devint une réelle question pour moi, car je ne savais pas vraiment les règles de la gravure héraldique, mais cela ne me parut pas insurmontable dans un premier temps. C’est en faisant les essais sur du cuivre avant de graver l’or que la difficulté se présenta réellement dans sa dimension. Jamais je n’avais gravé si petit avec autant de précision liée aux codes de la gravure héraldique.

Je fus obligé de faire de nombreux essais, d’acheter de nouveaux outils, des loupes plus fortes, et de travailler beaucoup avant de croire en mes capacités d’aboutir au résultat final. Le doute est permanent durant la durée de la gravure, car graver de l’or met une pression inattendue. La noblesse de ce métal et la précision de la gravure se lient pour élever l’intérêt du travail. Je finis par travailler avec passion ces quelques millimètres carrés d’or. Je retrouve mes souvenirs d’apprentissage avec mon maître Raphaêl Pépin qui m’initia à la gravure en médaille. Chaque coup de burin me rajeunit en pensant à ce merveilleux artiste. De la tendresse finit par accompagner l’envie de réussir à m’approcher d’une belle gravure. Je travaille dur pour réussir ce mini exploit et tant que la gravure n’est pas aboutie et acceptée par mon ami commanditaire je ne serais pas content. Le challenge est incroyablement difficile. Et pourtant cela paraît bien anecdotique pour beaucoup. Qu’est-ce qu’une gravure héraldique sinon qu’un simple sceau qu’on imprime dans la cire.